"Au long de la longue vie, il y a bien des amours parce que Dieu est bon. Mais d'un amour plus fort que tout, plus obstiné que tout, plus long que tout, nul n'est aimé que par sa mère.” Depuis maintenant six ans, elle n'est plus à mes côtés. Je n'entends plus son rire d'enfant, qui me rendait le sourire après une journée triste ou après avoir eu une mauvaise note et ses grands yeux enfantins qui portaient un regard plein de bienveillance. Malgré, qu'elle avait vingt-huit ans son esprit restait à l'âge de seize ans, l'âge que j'ai aujourd'hui.
Toujours, j'ai pensé que dieu avait voulu que maman ne soit plus là, le destin. Cette idée me consolait dans un sens. Pourtant, même en pensant ça, je suis toujours aussi malheureuse.
Chaque nuit, je fais le même cauchemar. Ce cauchemar ou je revois ton corps recouvert de cette housse en plastique à la morgue. Ta peau était si blanche et si froide. Toi, toujours si resplendissante, si pleine de vie et si joyeuse. Je n'arrivais pas à reconnaître, la femme qui m'avait mis au monde sur cette table. C'est le policier qui m'avait sortis de mes pensées pour lui répondre si c'était bien elle ou non.
« Oui, c'est bien elle. »
J'avais pressé la main de la femme qui se trouvait à côté de moi, en affirmant que la femme dans la housse en plastique était bien ma mère. La voisine, avait acceptée de venir avec moi pour que je ne sois pas seule ou plus précisément c'est le policier qui lui avait demandé. Cette pauvre vieille dame, au nom de Mme Simone Le grand, au look des plus farfelus, qui en sa présence j'avais un sentiment d'être sur mon trente et un. Avait dû être surprise de nous voir devant sa porte à plus de vingt-deux heures du soir. Elle émit un léger cri de douleur, comprennent que je lui fessais mal, je lui lâchais la main. Le policier aux allures de playboy m'observa longuement, puis s'adressa à Mme Legrand.
«Savez-vous, si elle a de la famille autre que sa mère ? »
« Je ne sais pas ! Nous étions seulement voisines de pallier. Je gardais parfois sa fille quand elle travaillait tard, c'est tout. »
« Je vois. Et toi, ma chérie, tu as un papa ou des grands-parents qui pourraient t'héberger? »
« Je ne sais pas.»
Je ne pouvais m'imaginer vivre avec quelqu'un d'autre, alors que ma mère était à un mètre de moi.
C'était un peu la trahir. Le médecin, me demanda si je voulais rester seule avec elle et je lui répondis que non. Il ferma la housse en plastique et nous demanda de sortir de la pièce. J'avais demandé qu'il me donne sa bague dont elle tenait précieusement . Je l'ai mis à mon doigt et m'en alla.
Cette fameuse nuit avait tout changé en moi. Les heures passent, les jours passent, les mois passent et les années passent. Mais le souvenir que j'ai de toi n'est jamais parti. Pour moi, tu resteras toujours la femme la plus éblouissante que je n'ai jamais connu.
Maintenant, si tu pouvais me voir je me demande, pourrais-tu être fière de moi ? J'ai changé, je ne suis plus la petite fille de dix ans qui pensait qu'on pouvait changer le monde en donnant des gâteaux pour que tout le monde soit amis-amis. J'ai fait plusieurs erreurs dans ma jeune vie, mais j'essaye de me racheter.
Je suis dans un institut spécialisé dans la réducation des adolescents à problèmes. Si, je suis là c'est pour me remettre dans le droit chemin et ne pas replonger. En fait, ce n'est pas très dur la vie ici et puis les ados qui sont avec moi ne son pas vraiment des gens à problèmes c'est plutôt des adorables petits agneaux comparés aux personnes que je fréquentais autrefois.
Je me demande si tu es fière de moi si tu me vois de là-haut ?
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Assis près de la fenêtre de ma chambre j'observais la lune qui était aussi brillante. Ronde et harmonieuse. La nuit était calme, on n'entendait ni le souffle du vent, ni les branches des arbres qui s'entrechoque. C'est une soirée des plus belle et des plus calme. Même un peu trop calme à mon goût, peut être que c'est un signe annonciateur de la fin du monde.
«- Flori! Flori, regarde ce que ma offert Chris.»
Elle est arrivée dans la chambre, toute essoufflée en me montrant fièrement la bague qu'elle porte au doigt.
«- Elle est très jolie.»
«- Elle est seulement jolie.»
«- Oui.»
«- Floriane!»
Je ne comprends pas pourquoi elle prend ce ton si désespérée. Je lui ai dit que sa bague était très jolie. Je ne vais pas non plus être folle de joie ,car Tristan lui a offert une bague.
«- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler par mon prénom complet, tu le fais exprès ?»
«- Excuse moi, mais comme ça tu m'écoutes !»
«- Mais voyons, je t'écoute tout le temps, ma chère Lilas .»
«- Ne prend pas ce ton avec moi !»
On s'observe et on éclate de rire. Cette Lilas, c'est vraiment quelque chose. Depuis, maintenant un an je partage ma chambre avec elle. On peut dire que c'est ma meilleure amie, comme dit le proverbe les contraires s'attirent elle a une tignasse rousse, les yeux noisettes et il faut dire ce qu'il est de son physique d'allumeuse mais c'est une amie foncièrement fidèle. Elle n'est pas vraiment sérieuse, elle aime bien amuser la galerie même si parfois ces blagues sont ratés mais, selon leur dire, elle se serait calmée grâce à ma bonne influence. Je ne pensais pas avoir eu se pouvoir.
Moi, j'ai des cheveux longs châtains clair, mes yeux sont noisettes ou verts au soleil. Je suis mince assez athlétique, j'adore les sports de combats, mais pour le reste je suis assez nulle. Contrairement à Lilas j'ai de très bonne note en cours faut dire que moi je bosse, pas comme certaines. Lilas est un peu ma seule amie dans cet endroit, je n'ai pas essayée non plus de sympathiser avec les autres. On va dire que j'ai du mal avec les jeunes de mon âge. Plus exactement, j'ai du mal à m'entendre avec les gens en général. Même avec Lilas je n'arrive pas à être en harmonie avec elle. Peut être mon côté un peu trop sérieux, sûrement.
«- Je n'avais pas remarquée, mais tu as changé de couleur de cheveux ! »
«- Oui, j'ai changé mais c'est ma couleur naturelle.»
«- Moi, qui croyait que tu étais blonde !»
«- Désoler, de t'avoir déçu.»
Elle m'observe longuement et moi je m'amuse avec une de mes mèches châtains (autrefois blond).
C'était un de mes délires, j'adorais me teindre les cheveux en une couleur des plus farfelus, une fois je mettais ramenée les cheveux bleus mais c'était avant, j'ai mûri depuis.
«- Pourtant, ça fait un an que je suis ici et je t'ai toujours connu les cheveux blonds.»
«- J'ai décidé de retrouver ma couleur d'origine et puis on m'a forcé la main.»
«- Qui ça ?»
«- Mme Jefferson.»
«- Tu t'es laissée faire ?»
«- J'avais envie et puis je pouvais bien lui faire plaisir. Elle a tant fait pour moi par le passer.»
«- C'est vrai en y pensant, tu ne m'as jamais parlé de toi avant que je sois ici ?»
«- Regardes l'heure qu'il est ! On devrait aller se coucher.»
Elle regarde la pendule de notre chambre, elle marque vingt-trois heures trente. Lilas me regarde de nouveau et soupire.
«- Je ne vais pas te forcer à parler si tu ne veux pas.»
«- Pourquoi, dis-tu ça ?»
«- Rien, laisse tomber ! Je vais me coucher.»
Elle se dirige vers son lit et s'allonge.
Elle sait très bien que je n'aime pas qu'on me pose des questions sur mon passé, alors pourquoi a-t-elle abordée ce sujet sensible, surtout si on parle de la personne que j'étais autrefois, qui me dégoûte.
Elle éteignit la lumière.
«-Bonne nuit !»
«-Bonne nuit !»
Je devais aussi aller me coucher. Je me dirige jusqu'à mon lit malgré le fait qui n'avait plus de lumière. Je m'allonge et je me recouvre de mes couvertures. Je partis pour le pays des rêves où j'étais absolument certaine de revoir ton visage.
Me vois-tu de là-haut ? Si tu me vois, es-tu fière de moi, Maman ?
La suite au prochain épisode